Battlestar Galactica : Love and Bullets et Searider Falcon

Parlons dans cet article de deux mysterieux livres lus par l’amiral Adama : Love and Bullets et Searider Falcon.

Je tiens à préciser, pour ceux qui n’ont jamais vu la série ou qui n’en sont pas encore à la saison 4, qu’il n’y a aucun spoiler sur l’histoire principale.

 

Tout naturellement, on pourrait se dire que ces deux livres ne sont que des passages pour meubler la série. Et bien, ce n’est pas le cas. En effet, nous sommes dans Battlestar Galactica et dans cette série, tout a son importance. Ces deux livres parlent de la relation entre l’amiral William (Bill) Adama et la présidente Laura Roslin.

Commençons par Love and Bullets (épisode 3, saison 4) :

[EN] Love and Bullets by Nick Taylor. Chapter one.

It started like it always did. With a body. This one was in the river, and I could tell she had once been beautiful. But this bullet and fast current had taken away from her. All we are, or that we think we are, all that we are certain about, is taken away from us. When you’ve worked in the streets and seen what I’ve seen, you become more and more convinced of it every day. Caprica City has been my teacher, my mistress. From the moment I opened my eyes, she is in my blood, like cheap wine. Bitter and sweet, tinged with regret. I’ll never be free of her, nor do I wanna be, for she is what I am. All that is, should always be.

[FR] De l’amour et des balles de Mick Taylor. Chapitre un.

Ça a commencé comme toujours. Avec un corps. Celui-ci était dans la rivière, je pouvais dire qu’avant, elle avait été très belle. Mais cette balle et le courant violent lui avaient tout enlevé. Tout ce que l’on est, tout ce que l’on croit être. Tout ce dont nous sommes certains nous est un jour enlevé. Quand on a travaillé dans les rues et vu ce que j’ai vu, on en devient chaque jours de plus en plus convaincu. Caprica City a été mon professeur, ma maîtresse. Depuis le moment où j’ai ouvert les yeux, elle est dans mon sang, comme un vin bon marché, à la fois amère et doux, teinté de regret. Je n’ai jamais eu peur d’elle. Et je ne le veux pas. Parce qu’elle est ce que je suis. Tout cela l’est et le sera à jamais.

Premièrement, remarquons que le scénariste de cet épisode s’est permis un petit clin d’oeil à lui-même. En effet, le scénariste s’appelle Michael Taylor. Vous noterez aussi que dans la version originale l’auteur s’appelle Nick et dans la version française, il s’appelle Mick (c’est pas du flan, regardez les 2 versions ou alors c’est moi qui entends mal !). Pourquoi ? Aucune idée.

Dans ce livre, il est bien question de la relation Adama/Roslin. Le corps répresente Laura Roslin. Mais que représente la rivière ? La politique ? L’espace ? La guerre ? Pour cela, regardons ce passage « Tout ce que l’on est, tout ce que l’on croit être. Tout ce dont nous sommes certains nous est un jour enlevé. Quand on a travaillé dans les rues et vu ce que j’ai vu, on en devient chaque jours de plus en plus convaincu. » Le « j’ai » correspond à l’amiral Adama qui a travaillé dans l’espace (les rues (ce qui élimine la première possibilité)) et a vécu la guerre contre les Cylons. Il parle bien évidemment des conséquences que la guerre à sur nous, les Hommes. Nous avons donc notre réponse. La rivière et son courant violent correspond donc à la guerre et son extrême rapidité/violence (la guerre est finie dès que les bombes sont tombées et ont fait des millions (voire milliards) de morts (cf Laura Roslin dans l’épisode pilote)). Ensuite, quant à la balle, celle-ci représente le cancer du sein de Laura, qui lui est fatal.

Ensuite, « Caprica City a été mon professeur, ma maîtresse ». Bon, là, vous vous en doutez sûrement, il est encore question de notre très chère présidente Laura Roslin qui a été, avant d’entrer dans la politique, institutrice. Et puis, William et Laura, dans la suite de la saison, deviennent amants. (Question que je vous pose : est-ce que le mot « mistress » a la même signification que le mot « maîtresse » dans la phrase « mon mari a une maîtresse » ou a t-il seulement la signification d’institutrice ?) Puis « Depuis le moment où j’ai ouvert les yeux, elle est dans mon sang, comme un vin bon marché, à la fois amère et doux, teinté de regret. » Magnifique phrase (oui oui) pour dire que dès qu’il l’a vue pour la première fois, il a pensé à elle tout le temps, parfois en bien, parfois en mal.

Pour finir, je prendrai la version originale. « I’ll never be free of her, nor do I wanna be, for she is what I am. All that is, should always be. » Ce qui veut dire, pour ceux qui ne comprennent pas (traduction grossière, hein !) « Je ne serai jamais libre d’elle, et je ne veux pas l’être, parce qu’elle est ce que je suis. Tout cela l’est et devrait toujours l’être. » Vous voyez, aucun rapport avec la version française qui nous dit « Je n’ai jamais eu peur d’elle. Et je ne le veux pas. » Malheureusement, cette traduction foireuse tue le sens du livre (vous verrez, pour Searider Falcon, c’est la même chose) car dans les 4 saisons, à aucun moment Adama a peur de Roslin ou ne veut pas avoir peur d’elle. Mais justement, on voit qu’il est à son service. Ainsi, ce passage nous dit que l’amiral veut rester sous les ordres de Laura et qu’elle est ce qui le définit.

Conclusion de ce livre. On a bien ici une métaphore pour parler de la relation entre William Adama et Laura Roslin. Premièrement, il introduit la présidente, malade et plongée dans une guerre terrible. Deuxièmement, les conséquences de la guerre pour l’homme. Et enfin, révélation de l’amour de William pour Laura. Notez également le problème de la traduction. Dans la troisième phrase, il dit « elle avait été très belle ». Dans cette phrase, à quoi correspond « elle » ? À la rivière ou au corps qui serait donc celui d’une femme ? Pour répondre à cette question, il faut revenir à la VO. Il est bien dit « she » et non pas « it ». Le « elle » parle donc du corps. La traduction française omet donc cette précision.

 

Passons maintenant à Searider Falcon (épisode 4 saison 4).

[EN] Adama : I must warn you that I’m getting into the part I haven’t read yet.

Roslin : Oh dear ! Are you going to be able to continue ?

Adama : Chapter 7. The raft was not as seaworthy as I’d hoped. The waves repeatedly threatened to swamp it. I wasn’t afraid to die. I was afraid of the emptiness that I felt inside. I couldn’t feel anything. And that’s what scared me. You came into my thoughts. I felt them. It felt good.

[FR] Adama : Je dois vous avertir qu’on en arrive à la partie que je n’ai jamais lu.

Roslin : Ah oui la fin. Croyez-vous être capable de continuer ?

Adama : Chapitre 7. Le radeau était moins en état de naviguer que ce que j’espérais. Les vagues menaçaient régulièrement de le submerger. Je n’avais pas peur de mourir. J’avais peur du vide que je ressentais à l’intérieur. Je ne pouvais plus rien éprouver. C’est ce qui me faisait peur. Tu es entrée dans mes pensées. Tu les as envahies. Je me sentais bien.

 

Dans la version française, Searider Falcon a été traduit par Le faucon des océans. Tout comme il est dit dans l’épisode, Bill n’a jamais lu le dernier chapitre car comme c’est son livre préféré, il ne veut pas qu’il finisse. Et Laura, quant à elle, l’a déjà lu il y a très longtemps mais ne se souvient plus de la fin.

Le fait d’avoir traduit le titre du livre est une erreur. En effet, il se cache quelque chose dedans. Des anagrammes possibles du titre sont « read face Roslin » ou « face dear Roslin ». Intéressant non ? Comme si le titre disait à Adama « lis face à Roslin » ou « fais face à ta chère Roslin », etc. Et bien mes ami(e)s, c’est le cas. Pour comprendre, il faut regarder la scène et le jeu d’acteur. Dès que William lit la phrase « Je n’avais pas peur de mourir. », il marque une pause pour lire la prochaine phrase dans sa tête puis la lit à voix haute. Ensuite, il remarque une pause, ferme le livre et dit « Je ne pouvais plus rien éprouver. », pause (plus longue), « C’est ce qui me faisait peur. » tout en regardant Laura dormir. Puis il dit « Tu es entrée dans mes pensées. Tu les as envahies. Je me sentais bien. ». Vous allez me dire dire « oui ok d’accord. Mais il n’y a rien d’anormal. ». Et bien si. Le problème vient qu’il balance cette phrase comme ça alors qu’il n’a jamais lu la fin. On pourrait croire que lors de la dernière « pause » il lit la suite du bouquin. C’est possible. Mais peut-on retenir parfaitement toutes ces phrases en aussi peu de temps ? Personnellement, je n’y crois pas. Pour moi, il évoque ouvertement ses sentiments. Il n’a pas peur de mourir dans la destruction du Galactica (le radeau) qui subit les attaques (les vagues) des Cylons. Il a peur de mourir seul. Puis finalement, Laura entre dans ses pensées. Il les remplit avec et il se sent bien.

La traduction pour les 2 dernières phrases est incorrecte (ce n’est pas Laura qui envahit les pensées de Bill mais Bill qui remplit son esprit avec Laura. (ce n’est pas la même chose !)) mais ce n’est pas très grave.

Conclusion : On a bien également dans ce livre, une évoquation des sentiments qu’a l’amiral William Adama pour la présidente Laura Roslin mais cette fois-ci de manière plus subtile. Il faut être attentif au jeu d’acteur, à ce qu’il se passe et à ce qu’il se dit. Il faut aussi penser à étudier ce titre, pas si anodin que ça.

 

 

Je sais pas vous, mais moi, je préfère quand même la version française. Je trouve les textes très beaux. Des mots qui sonnent bien. Il y a une mélodie et la voix française de Edward James Olmos, Philippe Catoire, joue de manière excellente.

Au moment où j’écris cet article, j’en viens à me demander si il n’y a pas quelque chose de caché derrière le fait que Love and Bullets est lu dès le chapitre 1 et Searider Falcon, dès le chapitre 7 : Dieu, création du monde, 7 jours, tout ça…

 

Je dédicace cet article à @IrisKV, nouvelle super fan de la série.

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